Avis sur le livre d’Hermann Hesse : Musique – FIN

Je ne souscris cependant pas à sa (fausse ?) naïveté de penser que tout être dispose de tous les dons nécessaires à l’appréciation de la musique, ni que cette appréciation puisse se faire de façon pleine, d’instinct. La musique est au contraire, comme beaucoup d’activités humaines mais plus que d’autres, une discipline où le travail de culture paye. Écouter cent fois, revenir, comparer, lire, prendre un avis et réécouter. Un goût musical se forme par l’expérience et s’affine. La culture est alors une ouverture et un moyen de bâtir des correspondances et nul ne le sait mieux que Hesse. Sans doute le souffle romantique est-il encore trop fort ? Ou l’influence dionysienne de Nietzsche excessive ? On croit rêver en entendant Hesse, si intellectuel, récuser l’apport de l’intelligence dans notre préhension des composants du monde, ici de la musique.

Qu’il confine aussi l’interprète à « …la reproduction la plus exacte et la plus complète possible de ce qui est écrit dans la partition » (p. 105) est une vieille manie héritée du 19ème siècle et heureusement oubliée de nos jours, après la redécouverte de la musique des 17 et 18ème siècles où, à l’évidence, la part de l’interprète est essentielle.

Il n’en reste pas moins que la sensibilité de Hesse est celle d’un véritable et profond amateur et qu’il nous guide dans ses écrits à travers cet univers si beau et si fort de la musique, qu’il nous convie à pénétrer avec notre cœur. Ce qui ne l’empêche pas aussi de juger quand, par exemple, il rejette Wagner en nous rappelant en 1934 quelques textes chinois « …plus la musique devient bruyante, plus les hommes deviennent mélancoliques, plus le pays est en danger... » (p.87). Prémonitoire ?

Avis sur le livre d’Hermann Hesse : Musique

Ce livre écrit en 1976 rassemble des textes de Hermann Hesse ayant en commun un sujet essentiel pour l’auteur, la musique. Presque tout est dit sur l’approche de HH dans cette phrase :

« C’est le secret de la musique qu’elle n’exige que notre âme, mais qu’elle la veuille tout entière. Elle ne demande ni intelligence, ni culture ; par delà toutes les langues, toutes les sciences, sous des formes ambivalentes mais évidentes en dernière analyse, elle représente l’âme de l’homme. »

Rejet évident de la musique-savoir, confiance (excessive ?) dans l’instinct de l’homme brut. Y croit-il lui même, lui si cultivé, si éduqué par sa passion du concert ? HH il est vrai, approche la musique par le cœur, non par la tête car justement il sait qu’elle exprime ce que les mots cessent de dire. Les phrases qu’il emploie sont souvent des cris d’amour, d’extase presque : « Que serait notre vie sans la musique… ». Et son livre « Le jeu des perles de verre », est une longue méditation sur le pouvoir de la musique de représenter l’ordre caché du monde.

Il touche juste aussi quand il dit : « Comme la danse et comme tout exercice artistique, la musique a été dans les temps préhistoriques un art magique, un des vieux et légitimes moyens de la magie » (p. 88). Tenter de faire sentir ce qui ne s’exprime pas par des paroles pour, peut-être, agir sur lui…

Avis sur les livres d’Hubert Monteilhet

Peu avant son quatre vingtième anniversaire, Hubert Monteilhet nous offre en même temps un inédit, AU VENT DU BOULET, roman des temps napoléoniens, et la réédition de cinq ouvrages sous le titre de ROMANS CRIMINELS.

En quarante huit ans, Hubert Monteilhet a publié quarante cinq livres, romans policiers et historiques, ouvrages consacrés à son cheminement spirituel l’ayant amené au catholicisme traditionaliste sans oublier des scénarios et adaptations télévisées.

LE VENT DU BOULET nous entraîne sur les pas du vicomte Pierre-Marie d’ Ablis, un des nombreux batards de Louis XV.  A la révolution, il émigre avec le comte d’ Artois, futur Charles X. Les évènements vont l’amener à regagner Paris où il va collaborer avec l’usurpateur qui n’est encore à ce moment que premier consul. Le mirage napoléonien entraînant la disparition de centaines de milliers de soldats et de millions de civils à travers l’ Europe va se dérouler sous les yeux du vicomte qui est devenu baron d’ Empire. Batailles, duel fratricide, intrigues politiques vont se succéder. Ayant eu accès à des travaux récents, Hubert Monteilhet colle au  plus   près   à l’ Histoire et évoque même une possible batardise du corse.

Un roman historique à découvrir !

Avec ROMANS CRIMINELS, nous revenons aux premières amours de l’écrivain, les histoires policières souvent machiavéliques, toujours inattendues. Parmi les cinq textes composant ce recueil, le premier roman d’Hubert Monteilhet, LES MANTES RELIGIEUSES qui obtint le Grand Prix de littérature policière en 1960. Ne ratez surtout pas LE RETOUR DES CENDRES, étonnante histoire de sosies composés en fait d’une seule personne. D’une plume remarquable, Hubert Monteilhet sait captiver le lecteur qu’il manie comme le chat joue avec la souris. Deux ouvrages à lire et relire !

AU VENT DU BOULET roman des temps napoléoniens d’Hubert Monteilhet Editions de Fallois  258 pages  20 €

ROMANS CRIMINELS d’Hubert Monteilhet  Omnibus 812 pages 26 €

 

 

Avis sur : LES HIRONDELLES DU PRINTEMPS AFRICAIN de Gaston Kelman

  Il y a quatre ans, Gaston Kelman avait fait une entrée remarquée dans l’ actualité littéraire avec « Je suis noir et je n’aime pas le manioc ».Cinq ouvrages plus tard, cet auteur prouve, avec LES HIRONDELLES DU PRINTEMPS AFRICAIN, qu’il sait toujours bousculer préjugés et idées reçues.

La vision d’une Afrique unie et fraternelle est un leurre que Gaston Kelman met à mal. Une forme de masochisme amenant à considérer que tous les maux viennent de la colonisation et que les africains ne peuvent s’en sortir qu’en faisant du passé table rase est également une erreur. L’ occident peut bien évidemment être un modèle dans ses aspects positifs et Gaston Kelman imagine des relations entre pays africains calquées sur les institutions de l’Union Européenne.

Le danger pour l’ Afrique n’est pas la « fuite des cerveaux » qui peut au contraire permettre à ces élites de travailler pour leur pays d’origine mais au contraire l’exil des techniciens et ouvriers, hémorragie économique bien plus préjudiciable.

La politique des pays du berceau de l’Humanité est-elle inéluctablement réservée aux dictateurs installés pour le profit de certains groupes économiques extérieurs ?

Le Sénégal, l’ Afrique du Sud prouvent le contraire. Un homme est omniprésent dans LES HIRONDELLES DU PRINTEMPS AFRICAIN. Il s’agit de Ely Ould Mohamed Vall, qui fit un coup d’ état pacifique dans son pays, la Mauritanie et quitta le pouvoir de lui-même, comme il l’avait annoncé, moins de deux ans plus tard après avoir appliqué des mesures économiques simples et efficaces. Ainsi, il doubla le salaire des fonctionnaires et créa pour eux une sécurité sociale, ce qui permit à ces serviteurs de la nation de travailler sans être obligés de passer par la case corruption pour nourrir leur famille

Lecture de : ANTIMANUEL DE PHILOSOPHIE de Michel ONFRAY

Une fois n’est pas coutume, je ne présente pas un roman mais un « manuel »… Antimanuel annonce d’emblée l’auteur. Parce qu’il a choisi « ses philosophes », ceux qui en général ne sont pas étudiés, ou s’ils le sont, ne le sont pas pour les textes retranscrits ici.

Michel Onfray aborde la philosophie de manière abrupte : quelques titres de « paragraphes » pour se mettre directement dans l’ambiance ? « Faut-il commencer l’année en brûlant votre professeur de philosophie ? » ou « Pourquoi ne pas vous masturber dans la cour du lycée » ou encore, « Pourriez-vous vous passer de votre téléphone portable » en passant par « Quelle part de votre raison disparaît dans une soirée bien arrosée ? »ou encore « marcher, une philosophie « …

Derrière le côté « accrocheur » voire « provocateur », c’est une approche « moderne » de cette matière (la philo) que l’on découvre. Un professeur passionné qui sort des (trop) habituels cours soporifiques dont chaque lycéen garde plus ou moins le souvenir pour aborder cette matière d’une manière différente et somme toute efficace. En gros, comme le dit Aude Lancelin dans son article du Nouvel Obs « Comment enseigner Platon à un boutonneux en Nike gavé de « Loft Story » ?

Certains ont parlé de caricature, d’autres de démagogie, pour ma part, je prends l’ouvrage pour ce qu’il est, un cours dispensé à une terminale dite « technologique », à raison de 2 heures par semaine, un cours indéniablement agréable à suivre !

Pas seulement à l’usage des futurs bacheliers d’ailleurs, mais de tous ceux qui ont envie de jeter sur la philo un autre regard. Un choix de textes illustre chaque section, proposant à chacun s’il le souhaite d’approfondir le sujet et de porter plus loin la démarche. Une manière agréable de se remettre un peu à la philo, avec le sourire et « sans se prendre la tête » !

livre : ADIEU, MON UNIQUE d’Antoine AUDOUARD

Un livre très émouvant, difficile parfois de retenir quelques larmes… Mais pleurer en lisant un bon roman, c’est un peu comme pleurer au cinéma, cela donne une impression de plénitude… et cela devient un véritable bonheur une fois le livre refermé. Les dernières pages d’Adieu mon unique me laissent un souvenir fort. Un long moment encore après en avoir lu les derniers mots.

ADIEU, MON UNIQUE,  Antoine Audouard
Editeur Gallimard
Collection Folio, numéro 3675 – Mai 2002
Format 11 cm x 18 cm – 467 pages

 

 

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